mercredi 30 juin 2010
Lutter contre l’inflation législative ou contre les apéros Facebook, telle est la question
Cas d’école de l’inflation législative, à chaque fait divers sa loi : il aura suffi de la mort d’un participant à un apéritif Facebook à Nantes en mai dernier pour lancer un « débat public » (sic) sur l’opportunité de réglementer ces rassemblements, opportunité saisie par un député pour suggérer de modifier la loi du 21 janvier 1995 relative à l’organisation des « rave-parties ».
L’objectif serait ainsi de permettre au préfet, après déclaration auprès de lui du rassemblement en cause, d’imposer certaines mesures visant à garantir la sécurité, la salubrité, l’hygiène et la tranquillité publique, voire de les interdire, notamment en cas d’absence d’organisation clairement identifié.
Ce régime prétendument déclaratif aboutirait en pratique à l’interdiction des apéritifs Facebook, sauf dans les rares hypothèses où un organisateur clairement identifié parviendrait à satisfaire les exigences de la préfecture, ou dans lesquelles cette dernière trouverait le temps et les moyens d’imposer les mesures qu’elle juge s’imposer.
Une alternative est pourtant possible, comme l’indique Guillaume Champeau. Un maire a ainsi organisé hier un apéritif Facebook afin de « démontrer qu’il est possible d’utiliser les nouvelles méthodes de communication pour tisser du lien social tout en respectant les règles de vie en société ».
Des quelques raisons de s’inscrire et rester sur Facebook, gageons que celle consistant à favoriser des rencontres IRL (in real life) à grande échelle risque de perdre beaucoup de son poids, et en tout état de cause de son esprit initial.
Nota : une autre proposition de loi a été déposée par les députés UMP Goujon, Lamour, Goasguen et Tibéri, sanctionnant toute personne lançant un appel au rassemblement sur la voie publique, notamment par l’intermédiaire d’un réseau de communications électroniques, ne se déclarant pas organisateur du rassemblement en cause (6 mois d’emprisonnement, 7500 euros d’amende).
Sources : Une proposition de loi veut encadrer les apéros Facebook comme les raves, Guillaume Champeau, Numerama.com, 29 juin 2010 + Les apéros Facebook, ça mérite bien une loi, Rubin Sfadj, blog Produits dérivés, 29 juin 2010 + 7 raisons de s’inscrire et rester sur Facebook, Cédric, autourduweb.fr, 29 juin 2010
mardi 29 juin 2010
Flou artistique autour de la Hadopi
Depuis quelques jours et surtout depuis la publication au Journal Officiel du décret dit « sur la négligence caractérisée » le 26 juin dernier, beaucoup continuent de s’interroger sur les modalités concrètes de mise en œuvre de la législation « Hadopi », notamment celle de la contravention de négligence caractérisée.
Depuis cette date, la Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) a en effet la possibilité technique et juridique de poursuivre l’internaute qui ne sécuriserait pas sa connexion à Internet (ou qui aurait « manqué de diligence dans la mise en œuvre de ce moyen »).
Pourtant, même la présidente de la Commission de protection des droits de la Hadopi s’interroge encore sur la date de lancement des premiers avertissements. En dépit de l’autorisation délivrée par la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) le 10 juin dernier de relever les adresses IP des accès concernés, la CNIL soulignait la semaine dernière auprès de plusieurs sources qu’il restait encore de nombreuses étapes avant la mise en œuvre effective de l’ensemble du volet répressif, très controversé.
Rappelons que la collecte de ces adresses d’internautes pris en infraction (qui comme tout traitement d’adresse IP doit être autorisé par la CNIL) n’est que la première étape du dispositif ; elles doivent ensuite être transmises à la Commission de protection des droits de la Hadopi précitée, celle-ci ayant enfin un délai de deux mois pour envoyer les premiers messages d’avertissement. De ces avertissements à l’aboutissement de la « riposte graduée », nombreuses sont encore les étapes peu ou non opérationnelles.
Or parallèlement, la même commission vient d’autoriser les ayants-droit du cinéma à lancer des relevés automatiques d’adresses IP.
Il n’existe à l’heure à ce jour qu’une grande gagnante, à savoir la société TMG, qui assurera pour l’industrie musicale comme cinématographique la constatation des infractions et la collecte des IP, surveillance assurée sur les principaux réseaux de peer-to-peer.
Sources : Hadopi enfin opérationnelle mais dans un flou artistique, France-info.com, 28 juin 2010 + Hadopi : les ayants-droits du cinéma autorisés à leur tour à flasher les pirates, Capucine Cousin, 20minutes.fr, 29 juin 2010
lundi 28 juin 2010
Google concurrent direct de Facebook : une rumeur lancée sur... Twitter
Le fondateur de Digg et utilisateur renommé de Twitter, Kevin Rose, a "tweeté" le 26 juin une rumeur ayant rapidement créé un buzz : "Ok, umm, huge rumor: Google to launch facebook competitor very soon "Google Me", very credible source".
Après Orkut et Google buzz (adossé à Gmail), le moteur de recherches s'apprêterait à lancer Google Me, évolution des profils Google permettant de partager des ressources entre amis. En effet, si ces profils permettent déjà l'affichage d'informations diverses et un certain partage, il manque notamment l'ajout d'un flux d'actualité qui les rapprocheraient considérablement de Facebook.
Google ne dément ni ne confirme. Le nombre d'utilisateurs de ses précédentes tentatives de "Facebook-like" était en réalité bien décevant au regard de celui du réseau de Mark Zuckerberg.
Il reste encore une fois que les affaires Google Street View, couplées aux problématiques de respect de la vie privée soulevées dans le cadre de Facebook, sont loin de garantir le succès d'une telle initiative... si elle s'avérait exister.
Sources : Google Me, rumeur autour d'un Facebook-like, Jérôme G., GenerationNT.com, 28 juin 2010 + Google Me, futur concurrent de Facebook? Audrey Oeillet, clubic.com, 28 juin 2010
samedi 26 juin 2010
Et maintenant, la "littérature" facebookienne
Chaque passage, d'environ 700 signes, est soumis aux votes positifs ou négatifs des membres du réseau, de sorte que chaque contribution de la future "œuvre" est choisie au fur et à mesure du processus.
Le manuscrit, une fois le concours terminé, sera mis en ligne et à disposition gratuitement sur le site de France Loisirs... même les trois internautes ayant, selon l'éditeur, eu une implication particulière et des contributions de qualité supérieure, gagnants du concours, ne figureront pas sur cet ouvrage final (leur "lot" consistant en un exemplaire dédicacé par Anna Gavalda de son roman L'échappée belle).
A l'heure de la Hadopi et de la numérisation des ouvrages, on perçoit mal les motivations de France Loisirs (encore moins celles d'Anna Gavalda), si ce n'est, une fois encore, de bénéficier du seul intérêt de Facebook : un peu de publicité.
Source : Gavalda écrit avec les internautes sur Facebook, Flavien Hamon, lexpress.fr, 22 juin 2010
vendredi 25 juin 2010
Le défaut d’inscription sur la liste des mots clés négatifs de Google est fautif
Etaient en cause deux sociétés du secteur des coffrets-cadeaux ; or différents mots clés formulés en requête Google dirigeaient l'internaute non vers des liens commerciaux du site de Smart & Co, à qui appartenaient les marques en cause (notamment la célèbre smartbox), mais vers le site concurrent de la société Multipass.
Celle-ci n'a pas été reconnue responsable de l'utilisation de ces mots clés, et la responsabilité de Google n'a pas davantage été engagée (alors que le fonctionnement même du système de requêtes larges du programme Adwords de Google est à l'origine de ces associations malencontreuses).
L'explication est simple : Adwords permet de diffuser des annonces pour des variantes pertinentes de mots clés, même si ces termes ne figurent pas dans la liste de mots clés sélectionnés par un annonceur.
"Considérant que c’est de manière pertinente et par des motifs que la cour adopte que le Tribunal a estimé qu’il n‘était pas établi que Multipass avait commis des actes de concurrence déloyale par acquisition ou utilisation des mots litigieux, "propriété”, comme l’a dit le tribunal, de Smart&Co ;
(...)
Mais Considérant que l’apparition du lien avec Multipass lorsque ces mots clés sont saisis ne suffit pas à prouver l’implication de cette dernière, ni à constituer une présomption que Multipass devrait combattre en apportant la preuve contraire"
Inversement, on peut déduire de cette décision de la cour d'appel de Paris qu'un annonceur, dès lors qu'il est informé de cette situation, et plus précisément de l'apparition de liens commerciaux associés aux produits et marques de son concurrent, a l'obligation d'y mettre fin et d'inscrire les termes litigieux sur la liste de mots clés négatifs de Google.
C'est là la faute de Multipass, averti dès décembre 2007 de l'affaire, sans réaction.
"Considérant toutefois que les moyens nouveaux et notamment l’allégation de fautes nouvelles, à l’appui de la même demande de réparation que celle formulée en première instance, sont recevables en appel ; que Multipass a commis une faute en en mettant fin - en tout cas de manière définitive et permanente puisqu’il résulte des constats précités qu’à certains moments en décembre 2007 les liens litigieux n’apparaissaient pas - au trouble allégué qu’en février 2008 alors qu’elle en avait connaissance depuis août 2007 et qu’elle avait la possibilité de la faire en inscrivant un “mot clé négatif" comme l’a fait Smart&Co à propos du mot clé “dakotabox”"
La leçon :
Le référencement est un art délicat. Afin d'éviter d'éventuelles poursuites, il est plus prudent non seulement d'inscrire un certain nombre de mots clés positifs, mais aussi d'exclure (par l'inscription de mots clés négatifs) des mots clés que le système Adwords serait susceptible de mener à son propre site plutôt qu'à celui d'un concurrent.
Surtout, la réaction en cas de découverte tardive doit être immédiate.
Source : Le défaut d'inscription sur la liste des mots clés de Google est une faute, legalis.net, 16 juin 2010
Voir aussi l'ordonnance de référé du 17 septembre 2008, rendue par le TGI de Paris (2L Multimédia / Meetic), considérant que Meetic n'était pas responsable de l'existence de liens pointant vers son site à partir de mots clés reprenant les marques de 2L Multimédia. Toutefois, dans cette affaire, le comportement du site de rencontre en ligne n'était pas fautif, dans la mesure où il avait demandé à Google de placer ces mots clés dits négatifs dès qu'il avait été informé du problème.
jeudi 24 juin 2010
Valeur d'un "fan" sur Facebook : environ 136 dollars
Par "prix d'un fan", on entendra ici la valeur que représentent les bénéfices directs et indirects de cet internaute particulier :
- l'augmentation de dépenses de cet internaute pour la marque (72$ de plus par an)
- sa fidélité, de sorte qu'il permet des sources de revenus à long terme pour les entreprises en cause
- et ses recommandations de produits auprès de ses contacts Facebook.
Ainsi, l'analyse, fondée sur les comportements d'un panel de 4000 fans concernant les vingt marques les plus populaires du réseau de Mark Zucherberg, aboutit à une valeur moyenne de 136,38$ (tenant compte des disparités entre fans les moins actifs et les plus actifs, ces derniers valant en moyenne jusqu'à 270,77$). Par exemple, un "fan" de McDonald sur Facebook vaut en moyenne 260$ : client régulier et fidèle, participant activement à la communauté, recommandant les produits à ses contacts, il est le fan idéal.
Nul ne doutait encore du rôle moteur du fan Facebook d'un point de vue marketing. Les enseignements de cette étude sont multiples, indépendamment de la différence de valeur très nette entre un fan de marque sur Facebook et un autre membre du même réseau.
En particulier, soulignons l'importance des campagnes de fidélisation envers la cible que constituent les "fans" Facebook, tant cette communauté spécifique sont fidèles et bon ambassadeurs de la marque concernée.
Je m'amuse par conséquent de lire les problèmes rencontrés par le réseau social créé par l'UMP, en ligne depuis janvier 2010 et revendiquant environ 10 000 membres : Les Créateurs de possibles.
Ce dispositif aurait coûté 500 000 euros et sa fermeture serait déjà en discussions. Pourquoi ne pas s'être appuyé sur des réseaux sociaux existants, en particulier Facebook, et d'autant plus que d'autres études que celles évoquées dans ce billet ont souligné le rôle majeur d'influence des fans Facebook sur leurs contacts? Pourquoi dépenser des milliers d'euros pour un "entre-soi" ?
Enfin, au chapitre inévitable des données personnelles, plusieurs articles et billets relaient cette semaine une information selon laquelle Google et Facebook, notamment, envisageraient une "dégradation progressive des données personnelles".
Plus précisément, en réalité, le chercheur néerlandais Harold Van Heerde, dans une interview accordée à la BBC, travaillerait sur un nouveau principe de conservation des données permettant à celles-ci de s'évaporer progressivement tout en laissant une marge de manœuvre aux fournisseurs d'accès et services Internet pour leur exploitation dans une durée déterminée (en lieu et place de l'attente de l'expiration du délai légal).
Cette nouvelle manière d'envisager la conservation des données personnelles, peu imminente, n'empêchera probablement pas nos amis marketeurs de dormir sur leurs deux oreilles.
Sources: Le "fan" d'une marque vaudrait 136$ sur Facebook, PCInpact, 22 juin 2010 + Les "fans" sur Facebook, des amis en or pour les entreprises?, commentcamarche.net, 23 juin 2010 + Le Facebook de l'UMP critiqué, LePost.fr, 22 juin 2010 + Google devrait laisser les données se "dégrader dans le temps", ITespresso.fr 22 juin 2010
Voir aussi : Google Urged To Let Personal Data Fade Away, eWeekUK, 17 juin 2010
Pour une réflexion sur les certificateurs des contenus web
Dans son étude, Forrester nous dresse un panel d’utilisateurs. Il manque un profil : celui du certificateur, celui qui va avoir la crédibilité pour dire « oui, cette information est vraie, non celle là elle est fausse ». Cette dynamique commence à percer dans le domaine de l’information au sens actualité, mais rien ne vient du côté des avis publiques sur des produits ou des services" Antoine Dupin (voir sources de ce billet)
Comme annoncé précédemment, les problématiques de neutralité des résultats de moteurs de recherche, et mieux encore de tri entre informations crédibles et biaisées sur le web, constituent des enjeux majeurs.
Antoine Dupin synthétise brillamment ces enjeux dans un billet récent, se demandant dans quelle mesure une certification des sources peut être mise en place, à l'heure où les résultats de Google sont de moins en moins réellement pertinents et où le référencement des sites est un véritable enjeu commercial et financier (voire social, s'agissant de réputation numérique : les plaintes relatives à des affaires de diffamation sur Internet explosent).
En conclusion, ce blogueur s'interroge : "L’information est faussée, et le sera de plus en plus. La faute à ce flou autour de l’origine de la source. Faut il réinventer les moteurs de recherche ? Faut il qu’un groupe s’auto proclame ou se crée certificateur ? Personnellement, je n’ai pas de solution, (...). Perdus dans la jungle, arriverez vous à retrouver votre chemin ? (...)"
Ce questionnement est particulièrement d'actualité cette semaine. Alors que le principe de neutralité du net (ou net neutralité) concernait jusqu'à présent le rôle sensé être joué par les opérateurs de télécommunications sur le réseau, ce principe peut opportunément s'étendre aux moteurs de recherches.
Brad Smith, directeur juridique chez Microsoft, aurait ainsi déclaré que "la véritable menace dans le contrôle des contenus n'est pas du côté d'hypothétiques fournisseurs d'accès orwelliens, c'est la recherche", qui est le lieu le moins concurrentiel... et en particulier lorsque le moteur de recherche fournit également du contenu.
Or Google, qui contrôle environ 85% du secteur, possède par exemple YouTube, plate-forme vidéo, et s'apprête à lancer un service d'actualités payant. Pourquoi ne favoriserait-il pas YouTube et non DailyMotion dans les résultats proposés?
Inversement, certains estiment que la neutralité des résultats de recherche n'a pas de sens dans la mesure où le moteur de recherche est supposé recommander les sites les plus à même de répondre à une requête donnée.
Il n'en reste pas moins que couplée à la problématique de la distinction entre informations fiables et biaisées, elle conserve tout son sens. Certes, les sites les plus pertinents apparaissent de manière non aléatoire... mais comment est définie cette "pertinence"?
Il est enfin connu que les moteurs de recherche filtrent déjà de nombreux résultats, que les sites ne soient pas assez fluides, qu'ils soient manifestement illicites ou retirés à la demande de tiers, par exemple, sans compter certaines zones géographiques restreintes (Chine, par exemple).
La CNIL s'est vue doter d'un pouvoir de certification des sites, mais il ne concerne que le respect de la législation informatique et libertés.
Qui, selon vous, pourrait endosser ce rôle de certificateur?
Sources : Microsoft s'inquiète de la fin de la neutralité des moteurs de recherche, Julien L., Numerama, 19 juin 2010 + Avenir du web : de la nécessité d'établir une nouvelle caste, Le blog d'Antoine Dupin, 20 juin 2010
mardi 22 juin 2010
Google se lance dans l'info payante avec Newspass
Google serait actuellement en démarchage auprès des sociétés d'édition afin de sonder leur volonté de participer à l'essai.
L'argument majeur en faveur du paiement en un seul clic du contenu en cause, d'une part, est que Google est régulièrement accusé, avec Google News, de parasiter l'économie de la presse en ligne. Or, en proposant aux éditeurs d'utiliser une seule infrastructure de monétisation (pour le web et le mobile), la plate-forme NewsPass, moyennant probablement une répartition des pourcentages de vente, Google cessera ce "parasitage" et conforterait les éditeurs ayant déjà choisi de proposer une partie de leur contenu payant. Le modèle économique de la presse en ligne serait par conséquent entièrement réformé, alors que l'information gratuite (financée par systèmes publicitaires et par dons des visiteurs) est encore la norme.
Robert Murdoch menaçait encore récemment Google de dé-référencer l'ensemble des titres sous son contrôle (The Sun, The Times, Wall Street Journal etc.).
La titularité du choix de lecture, par ailleurs, serait laissée à l'audience et non à l'éditeur, puisque l'internaute choisira de payer (à l'unité ou à volonté) pour l'article qui l'intéresse.
"Quelle que soit la motivation, la sélection humaine devient de plus en plus populaire dans une ère ou les contenus générés par les utilisateurs (user generated contents) deviennent davantage une règle qu’une exception" selon ITespresso.
Cette titularité aurait donc un prix...
Il existe d'autre part des arguments défavorables à NewsPass. Cette offre ne serait probablement pas limitée aux éditeurs de presse, mais également aux éditeurs web voire aux blogs qui le souhaiteraient. La généralisation du contenu payant sur Internet serait ainsi en marche.
L'intention de Google irait même plus loin : "après avoir été le moteur de recherche du web, [il] deviendrait [grâce à son système de micropaiement] la véritable banque du web, par où transiterait la majeure partie des transactions" selon Sébastien Bailly.
Le plus inquiétant est sans doute que même si le moteur de recherche continue de recenser l'ensemble des articles sur Google News, certains éditeurs pourront faire remonter leurs contenus à leur guise sur cet agrégateur (via Editor Picks, espace dédié... pour le moment) plutôt que de passer par l'arbitrage de l'algorithme du moteur.
Quid si cette méthode de classement des articles disponibles se généralisait, même de manière relative, et si les éditeurs et Google lui-même, plutôt que l'audience, retrouveraient au moins partiellement la maîtrise de la pertinence de ce type de contenus? En d'autres termes, quid de la neutralité des résultats de recherche?
Microsoft, notamment, s'inquiète de cette problématique majeure.
Solution alternative ou solution complémentaire, NewsPass promet de faire couler beaucoup d'encre.
Sources : Newspass, la plate-forme d'infos payants de Google, Julien L., Numerama, 19 juin 2010 + Google teste un outil système de paiement pour la presse, JDN, 21 juin 2010 + Google Actualités laisse la liberté aux éditeurs de pousser leurs infos, Philippe Guerrier, ITespresso, 21 juin 2010 + Microsoft s'inquiète de la fin de la neutralité des résultats des moteurs de recherche, Julien L., Numerama, 19 juin 2010
Le concept de réseau social breveté par Amazon
En effet, un ancêtre de Facebook, PlanetAll, avait été inventé par deux anciens salariés du célèbre e-commerçant, Brian Robertson et Warren Adams.
Racheté en 1998 par Amazon qui y voyait l'un des services les plus innovants du web, PlanetAll fut pourtant fermé en 2000.
Maintenant qu'Amazon détient ce brevet, il y a fort à parier que des moyens seront mis en oeuvre à l'encontre des auteurs de "violations" de ce titre... à commencer par Facebook.
Source: Amazon a réussi à breveter le concept de réseau social, JDN, 18 juin 2010
vendredi 18 juin 2010
30ème rapport annuel de la CNIL sur fonds d'Hadopi, de géolocalisations et de réseaux sociaux menaçants
Ce rapport intervient alors que, d'une part, la Commission a fait savoir qu'elle avait obtenu de Google les données captées en France sur des bornes wifi non-sécurisées dans le cadre de l'élaboration de son application "Street View" sur Internet.
D'autre part, chaque internaute peut désormais déposer une plainte en ligne si ses droits d'accès ou son droit de s'opposer à recevoir de la publicité ne sont pas respectés, une initiative dont pourraient s'inspirer de nombreuses AAI, voire juridictions.
La CNIL annonce par ailleurs la prochaine mise en oeuvre de son pouvoir de délivrer des labels à des produits ou des procédures respectant la vie privée, obtenu par la loi du 12 mai 2009 sur la simplification du droit, mission spécifique d’évaluation des technologies et d’accompagnement du développement économique des entreprises.
Concernant les réseaux sociaux, Alex Türk, président de la CNIL, rappelle sa méfiance à l'égard du fonctionnement de certains réseaux sociaux, notamment Facebook : "Je me pose des questions sur la philosophie du système. Lorsque j'entends M. Zuckerberg dire qu'il faut que l'on prenne l'habitude de reconsidérer notre conception de la vie privée pour nous adapter aux nouvelles technologies, pour moi c'est absolument inacceptable."
Il s'agit d'une belle occasion de signaler un article récemment paru sur Rue89, citant plusieurs études selon lesquelles Facebook rendrait malade, augmentant les risques de MST (en raison des relations non protégées et non suivies, qui seraient favorisées par les réseaux sociaux) et de cancers (conséquences physiologiques de l'isolement lié à une trop grande navigation sur Internet).
Quoi qu'il en soit, en conclusion, la CNIL appelle de ses vœux un instrument international contraignant de protection des données personnelles et de la vie privée. Soulignant la signature "historique", le 5 novembre 2009 à Madrid, d'une résolution visant à établir des standards internationaux en la matière, par les représentants de presque 90 homologues de la CNIL, cette dernière considère aussi que "Nos autorités de protection des données n’ont aujourd’hui d’autre choix que d’encourager des actions de sensibilisation et de contrôle, concertées et conjointes, sur la base de règles juridiques communes assurant un haut niveau de protection aux individus.
Or ces règles juridiques communes en matière de protection des données n’existent pas à l’heure actuelle."
Source: Rapport d'activités annuel de la CNIL 2009, site officiel de la CNIL + La CNIL obtient des données internet collectées illégalement par Google, tempsreel.nouvelobs.com, 17 juin 2010 + La CNIL s'inquiète de la montée en puissance des réseaux sociaux, Les Echos, 18 juin 2010 + Et maintenant, Facebook rend malade! Elise Kuntzelmann, 16 juin 2010
Extraits du sommaire du rapport :
"LES TEMPS FORTS DE L’ANNÉE 2009
(...)
Publicité ciblée en ligne : des données qui valent de l’or
(...)
Les réseaux sociaux et le droit à l’oubli
(...)
LES DÉFIS
Le futur de la vie privée
L’échange d’information à l’heure de la mondialisation
Les données de santé : une protection nécessaire
Les salariés sous surveillance
AU PROGRAMME 2010
Protéger son image sur internet, ça s’apprend !
La labellisation
(...)
La communication politique à l’heure des nouvelles technologies
(...)
CONCLUSION
La proposition aux pouvoirs publics
(...)"
jeudi 17 juin 2010
Guerre de la 3G : SFR s'oppose à l'entrée de Free mobile sur le marché
Or lors du 9ème forum des réseaux et télécoms organisé par Les Echos les 15 et 16 juin à Paris, le PDG de SFR, Franck Esser, a annoncé son refus d'ouverture à un nouvel entrant sur le marché de la data mobile. En effet, il aurait besoin de capacités réseaux pour absorber l'explosion de l'Internet mobile.
Dès lors, il considère que Free a choisi de se positionner comme un opérateur de réseau et non comme un opérateur commercial (MVNO), une obligation de déploiement d'infrastructures lui incombe. Il est vrai que suite à l'attribution de sa licence il y a déjà cinq mois, Free Mobile n'en a encore déployé aucune ...
"Pourquoi serait-ce gratuit pour lui alors que nous venons d'investir 300 millions d'euros le mois dernier pour acheter des fréquences 3G ? Il n'est pas question que nous entrions en négociation." a déclaré Franck Esser, dont le groupe est désormais 2ème opérateur alternatif français, à la fois fixe et mobile.
Les procédures susceptibles d'être introduites par Free devant l'ARCEP ou l'Autorité de la concurrence pour infléchir la position de ses concurrents seraient bien trop longues au regard de son besoin de négocier rapidement un accès aux capacités 3G, de façon à proposer des offres d'Internet mobile illimité. Cette solution serait provisoire, dans l'attente d'un déploiement de son propre réseau 3G qualifié de très ambitieux, qui n'interviendrait pas avant 2015 (pour 69% de la population).
Rappelons que les accords d'itinérance nationale ne portent que sur les réseaux 2G et sont limités à la seule voix, de sorte que l'obligation d'accueil d'un nouvel entrant pour Orange, Bouygues Télécom et SFR ne concerne pas la 3G. L'avis du 9 juin n'est en effet que consultatif...
Enfin, on peut signaler que Free peut encore poursuivre les négociations avec Bouygues Télécom, resté silencieux pour le moment.
Sources : SFR refuse de sous-louer son réseau à Free Mobile, Johanna Godet, LeMondeInformatique, 17 juin 2010 + SFR ne veut toujours pas ouvrir son réseau 3G à Free, Olivier Chicheportiche, nouvelobs.com, 16 juin 2010 + Réseaux 3G : Free ferraille contre les historiques, Cécile Ducourtieux, Le Monde.fr, 17 juin 2010
PriceMinister devient japonais
Son cofondateur et PDG n'est autre que Pierre Kosciusko-Morizet, frère de la secrétaire d'Etat à l'économie numérique.
Par cette association, le leader du e-commerce français souhaite accélérer sa croissance en France comme en Europe.
Source : PriceMinister racheté par le japonais Rakuten poru 200 millions d'euros, LeMonde, 17 juin 2010
mercredi 16 juin 2010
Et un jour, une monnaie virtuelle pour Facebook
Annoncée l'an dernier, la mise en place de l'utilisation des "Credits", équivalent des Linden Dollars de Second Life, sur Facebook serait en cours de test chez une centaine de partenaires* du réseau social de Mark Zuckerberg.
Achetable avec des dollars réels, cette monnaie facebookienne aurait un cours de dix cents américains (entre le peso mexicain et le yuan chinois) et permettrait d'acheter des objets virtuels, par exemple dans des jeux comme Farmville.
Certes, la demande pour ces objets est encore faible sur Facebook, mais ce dernier préfère anticiper sur un marché qui a plus que doublé en un an (le marché américain tous sites confondus serait actuellement estimé à 1,6 milliards de dollars, générés pour près de moitié par les réseaux sociaux).
Les développeurs de jeux dédiés à Facebook, pour leur part, contestent cette mise en place dans la mesure où elle introduirait une nouvelle forme de compétition entre eux, en particulier lorsqu'ils intègrent leur propre système de paiement virtuel. Or les tarifs du Credit seraient assez élevés, soit 30% récupérés par Facebook pour chaque unité rachetée par un marchant. Notons que ce taux est également appliqué par Apple sur la vente d'objets virtuels au sein des applications iPhone, iPod Touch et iPad.
Toutefois, aucune décision définitive n'a été prise par Facebook s'agissant de la question de savoir si le Credit allait remplacer ou non tous les autres moyens de paiement sur le site. Seule l'accélération de la mise en place d'une solution de paiement lui permettant une monétisation parait admise.
* Zynga Games, éditeur de FarmVille, teste notamment le Credit.
Sources : La monnaie virtuelle de Facebook est en préparation, Antoine Duvauchelle, pro.clubic.com, 15 juin 2010 + La monnaie virtuelle de Facebook serait en tests, 20minutes.fr 15 juin 2010
Quelques innovations chez Microsoft... et des progrès à réaliser sur le web
Ce lundi 14 juin s'ouvrait à Los Angeles l'Electronic Entertainment Expo (E3), surnommée "grand-messe du jeu vidéo".
Microsoft était attendu à cette occasion pour la présentation de son jeu vidéo sans manette. En effet, l'entreprise souhaite remplacer la manette de sa console de jeux Xbox 360 par des détecteurs sensoriels, en l'occurrence véhiculés par le capteur de mouvement Kinect (auparavant baptisé projet Natal).
La console, dévoilée l'an dernier, n'est pas une réelle surprise, dans la mesure où elle avait déjà été dévoilée l'an dernier. Toutefois, quelques précisions (outre le nom commercial : Kinect) ont été apportées, telles :
- sa mise en vente prévue pour les fêtes de Noël 2010 (reste à connaître le prix) ;
- la présentation par les studios, notamment Ubisoft, des jeux compatibles avec cette nouvelle technologie. Assassin's Creed Brotherhood (de la franchise Assassin, la plus lucrative d'Ubisoft) est le plus attendu ;
- la possible commande à la voix, pas seulement aux gestes, ce qui rapproche davantage encore la machine de l'utilisateur.
Les consoles Wii de Nintendo (et la Move pour PlayStation 3 (PS3) de Sony, dont le lancement est prévu à l'automne) n'ont qu'à bien se tenir... surtout dans la mesure où leur modèle économique repose sur la vente de périphériques et de jeux, là où Microsoft souhaite supprimer les appendices informatiques.
Comment les joueurs trancheront-ils?
L'objectif affiché de Microsoft est de séduire une nouvelle frange de la population, notamment un public plus féminin (la chanteuse Nolwenn Leroy, invitée par Microsoft France à l'E3, a déclaré être enthousiasmée par la console qui permettrait "un retour à l'essentiel dans le jeu vidéo : la personne").
Il reste que la Wii (Nintendo) est déjà bien installée et que le parc mondial de PS3 (Sony) ne devrait pas moins bientôt dépasser celui de la Xbox 360.
Ces précisions sur Kinect sont une belle occasion, enfin, de s'interroger avec Philippe Scoffoni sur les dix choses que devrait faire Microsoft pour réussir sur le Web, même si le marché du système d'exploitation et des logiciels de bureautique pour postes de travail est encore très important. En effet, hormis quelques initiatives comme le lancement de la plateforme Windows Azur et l'amélioration de son moteur de recherche Bing, Microsoft est difficilement associé à Internet.
Don Reisinger sur le webzine eWeek.com a tenté d'apporter une réponse à cette question, notamment
- Evaluer la stratégie de Google- Racheter des sociétés pour mieux comprendre le web
- Ne pas oublier son offre de bureautique en ligne (les logiciels "hors ligne" ne seront pas éternels) et compter avec les applications
- Investir dans le marché de la publicité, dont Microsoft est quasiment absent.
- Etre présent sur le marché des réseaux sociaux, par exemple en rachetant Facebook ou Twitter
- Et un élément étonnant, ne pas oublier le divertissement : ce que fait Microsoft dans le jeu vidéo reste très déconnecté de ce qu'il pourrait faire dans cette composante clé du web, alors que Google a par exemple racheté la plateforme YouTube.
Sources: Microsoft veut changer l'univers du jeu vidéo, Mark Cherki, Le Figaro, 14 juin 2010 + La grand-messe du jeu vidéo lancée mardi à Los Angeles, Vincent Broussot-Pouliot lapresseaffaires, 14 juin 2010 + Microsoft présente le jeu vidéo sans manette, Geek c'est chic, Boris Manenti, 14 juin 2010
Voir aussi : Kinect prévu pour le mois de novembre, jvn.com, 14 juin 2010 (pour des photos et une vidéo)
Effacement des données collectées illégalement par Google Street View (?)
Cependant, d'une part, rien n'est précisé concernant les données collectées "par inadvertance" (?) dans d'autres pays, plus de trente selon les déclarations du moteur de recherches. La CNIL française, notamment, enquête.
D'autre part, les données collectées aux Etats-Unis dans le cadre du même service Google Street View ont été conservées pour des raisons juridiques, à savoir des procédures judiciaires en cours. Après le Connecticut, de nombreux Etats américains poursuivent ainsi Google pour violations des lois locales et fédérales, actions accompagnées de demandes de dommages-intérêts. Il s'agira entre autres de déterminer dans quelle mesure cette collecte était préméditée.
Or dans ce contexte, deux autres nouvelles ayant peu en commun sinon d'impliquer Google, paraissent surprenantes.
Comme chacun sait que la meilleure défense reste l'attaque, le directeur juridique de Google David Drummond, la même semaine, déclare que « la censure, en plus d'être un problème en matière de droits de l'homme, est une barrière commerciale » et réitère explicitement sa dénonciation de la censure chinoise.
Google songe ainsi à déposer un dossier auprès de l'OMC pour ériger en principe l'idée selon laquelle la censure d'Internet compromet le libre-échange, autrement dit pour poser le débat en termes commerciaux plutôt que politiques.
"Plus c'est gros mieux ça passe?"...
Je m'amuse aussi de lire un billet de Bluetouff, qui considère pour sa part que "soit Google a beaucoup d'humour, soit la loi américaine est ainsi, et là c'est encore plus drôle". En effet, en faisant une recherche sur Google, ce blogueur a découvert un message de Google annonçant avoir retiré deux résultats de la recherche en cause, en raison d'une plainte DMCA en cours (US Digital Millenium Copyright Act, loi de protection des droits d'auteur américaine), à la demande d'un ayant-droit. Le lien "informatif" proposé, loin de mener à des lignes explicatives, l'a conduit à la liste (publique, donc) de plus d'un millier de liens sur des contenus "copyrightés", ceux déclarés par la Twentieth Century Fox Film Corporation dans l'affaire en cause.
En bref, Google semble ici avoir tant retiré deux résultats de recherche, que mis à la disposition des internautes la liste de ceux sur lesquels "il ne faut pas se rendre".
Je suppose que si Google suit les mêmes procédures pour les plaintes américaines d'ayants-droit que pour "l'effacement" des données collectées par Street View, et que s'il souhaite si ostensiblement donner la priorité aux problématiques commerciales plutôt que de respect des droits de l'Homme, ses annonceurs ont peu de soucis à se faire.
Sources : Affaire Street View : Google commence à effacer les données, JDN.com, 14 juin 2010 + Google efface les données amassées en Autriche, en Allemagne et en Irlande, Echos du Net, 14 juin 2010 + Google et le retrait des contenus : j'en enlève deux et je t'en donne 1000, Bluetouff's blog, 16 juin 2010 + Google Street View : 30 Etats Etats américains s'inquiètent, Maxisciences, 16 juin 2010 + Pour Google, la censure d'Internet est une entrave au libre-échange, NouvelObs, 14 juin 2010
Soutien "à l'ouverture" et à l'interopérabilité, une précision de vocable de taille pour l'Agenda Numérique
"L'ouverture" a toutefois fait son retour lors du discours de Neelie Kroes, prononcé le 10 juin dernier au Sommet Open Forum Europe 2010 à Bruxelles (Neelie Kroes Address at Open Forum Europe 2010 Summit: 'Openness at the heart of the EU Digital Agenda' Brussels, 10th June 2010).
Il s'agit ainsi de confirmer la position de la commissaire européenne en charge de la société numérique, favorable à l'interopérabilité et aux standards ouverts, même si ce dernier terme a disparu du texte final.
Le discours en cause rappelle les raisons de cette orientation politique. Sans surprise, soutenir les standards ouverts favorise indirectement la concurrence, dans la mesure où ils sont un moyen particulièrement efficace d'assurer l'interopérabilité, et par conséquent d'éviter que les entreprises et consommateurs soient captifs d'un fournisseur donné.
Le choix du standard le plus ouvert parmi plusieurs standards existants serait, stratégiquement une bonne décision de la part des entreprises, selon Neelie Kroes.
PcInpact.com synthétise les cinq actions principales présentées par cette dernière pour mettre en oeuvre cette orientation générale.
"1/ Réformer la gestion des standards des TIC (Technologies de l'Information et de la Communication) en Europe : une réforme des processus de standardisation européens doit permettre d'accélérer leur création, et d'impliquer les entreprises des TIC dans leur élaboration
2/ Révéler de façon transparente les coûts des propriétés intellectuelles qui veulent être intégrés dans les standards, pour que l'on sache dès l'origine combien la mise en place d'un standard l'utilisant coûterait aux entreprises. Dès lors c'est elles-mêmes qui pousseront pour que les standards soient le plus libres possible
3/ Créer des guides pour les acheteurs de logiciels de TIC leur expliquant les standards utiles à leur choix et les conséquences de leur achat : par exemple si de tels guides existaient il y a 15 ans, les pouvoir public ne se seraient peut-être pas enfermés dans des solutions propriétaires et non interopérables. Aujourd'hui ce choix coûte de l'argent aux états (les fonctionnaires veulent rester sous leur OS payant parce qu'ils en ont l'habitude) et aux particuliers (quand une école utilise un traitement de texte au format propriétaire, elle oblige les élèves et leurs parents à acheter ce même logiciel)
4/ Mettre à jour la Structure d'Interopérabilité Européenne, pour faciliter les coopérations entre gouvernements, en particulier dans les solutions d'e-gouvernement
5/ Obliger les plus grosses entreprises du secteur à favoriser l'interopérabilité de leurs produits, avec l'aide des autres commissaires européens"
Sources : Neelie Kroes s'engage pour des standards ouverts, pc.inpact.com, Jeff, 14 juin 2010
Voir aussi : Les opérateurs alternatifs veulent la fin du cavalier seul de la part de Google et de Skype, datanews, Luc Blyaert, 2 juin 2010 : l'association européenne des opérateurs alternatifs (ECTA : European Competitive Telecommunications Association) va organiser un débat sur la neutralité du net avant la fin de l'année, ce qui est étonnant dans la mesure où c'est la première fois que cette association épouse le point de vue des opérateurs télécoms historiques dominants.
L'ECTA conteste notamment le fait que des opérateurs tels que Google et Ebay Skype soient autorisés à proposer gratuitement leurs services via le haut débit, et souhaite la création urgente d'un environnement régulateur pour le financement du haut débit, de manière concurrentielle.
mardi 15 juin 2010
Droits des joueurs dans le cadre de l'ouverture à la concurrence des jeux et paris en ligne
Rappelons que des sites Internet peuvent désormais proposer, sous réserve d'un agrément délivré pour cinq ans par l'Autorité de Régulation des Jeux en Ligne (ARJEL), des pokers, paris et autres jeux d'argent en ligne.
Dès lors, il s'agit, d'une part, de s'assurer que les nombreuses informations personnelles des joueurs, collectées et conservées par ces sites, répondent à un encadrement conforme à la loi informatique et libertés (rôle de la CNIL).
D'autre part, l'ARJEL a pour mission, outre l'agrément, de vérifier que les sites en cause prennent des mesures pour lutter contre l'addiction, la fraude, le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.
Contre l'addiction aux jeux, la CNIL rappelle qu'"Un joueur qui souhaite se voir interdire l'accès à l'ensemble des sites agréés de jeux en ligne pourra en faire la demande expresse auprès du commissariat de sa commune. Une fois son identité vérifiée, il sera inscrit sur le fichier des interdits de jeux du ministère de l'intérieur.
Une procédure d'auto-exclusion permettra également à tout joueur de se faire interdire l'accès à un site particulier.
De plus, lors de son inscription sur un site, il sera proposé au joueur de définir un montant au-delà duquel il ne pourra plus approvisionner son compte ni engager de mises."
Source : Les jeux et paris en ligne, CNIL actualités, 11 juin 2010, cnil.fr
dimanche 13 juin 2010
Hadopi contre le téléchargement illégal, Orange aussi (?)
D'une part, la CNIL a finalement rendu un avis favorable pour la collecte d'adresses IP par la société TMG, mandatée par les organisations d'ayant-droit*, aux fins de transmission à la Hadopi.
Rappelons que la Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) pourra ainsi choisir de classer le dossier ou d'envoyer un avertissement (par courriel et lettre recommandée), puis de saisir la justice en procédure simplifiée pour demander la coupure de l'accès à Internet de l'auteur du téléchargement illégal et/ou le prononcé d'une amende.
Indépendamment de la question de savoir si une adresse IP, aisément dissimulable et modifiable, peut difficilement constituer une preuve systématique, on se demandait ces derniers jours si la CNIL n'allait pas retarder son autorisation de collecte des données IP pour des raisons tant juridiques que politiques.
D'autre part, Orange, leader des fournisseurs d'accès à Internet (FAI) français, propose désormais à ses abonnés un logiciel de "contrôle de téléchargement", sensé filtrer les logiciels peer-to-peer (P2P) en empêchant l'exécution d'une liste noire de programmes P2P. Pour deux euros par mois, les parents et internautes ayant déjà reçu un avertissement de la Hadopi pourront s'abonner à cette nouvelle option.
Que penser de ce moyen de se prémunir contre l'usage illicite de sa ligne ADSL?
D'abord, il semblerait manquer sa cible. Reposant sur le maintien d'un journal crypté des activités sur l'ordinateur, le logiciel bloque sans distinction d'utilisation tous les logiciels de peer-to-peer, alors que ceux-ci ne servent pas seulement à télécharger des contenus illégaux. Par exemple, les distributions Linux ne pourront plus être téléchargées avec ce système proposé par Orange... du moins sur Windows, seul système auquel la version du logiciel de contrôle a été adaptée.
Ensuite, il n'a aucune valeur juridique. En effet, les conditions d'utilisation du service ne font pas mention de la loi Hadopi, ni de la moindre labelisation nécessaire pour que les journaux d'activité soient valables devant l'autorité.
Protégeant le poste et non la ligne, le logiciel de contrôle sera facilement détournable par un piratage du routeur de l'abonné.
Hormis auprès des parents déjà amateurs de solutions de contrôle parental, l'initiative d'Orange parait peu promise à un avenir florissant.
* Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP ), la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France ( SPPF ), la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique ( SACEM ) et la Société pour l’administration du Droit de Reproduction Mécanique ( SDRM )
Voir aussi : Le nouveau patron des labels indépendants fait de la riposte graduée sa priorité, Numerama, 11 juin 2010
Sources: Hadopi : la CNIL rendrait un avis favorable pour la collecte d'adresses IP, Le Monde, 11 juin 2010
+ Orange lance un outil de protection contre le téléchargement illégal sans garantie face à Hadopi, Guénaël Pépin, NouvelObs.com, 10 juin 2010
+ Le contrôle du téléchargement illégal, c'est deux euros chez Orange, Stéphane Long, O1net, 11 juin 2010
+ Hadopi et collecte IP : la CNIL donne son feu vert, hadopinfo
MAJ du 15 juin 2010 : je signale une actualité inquiétante, relayée par PCinpact ("Le verrou Orange-Hadopi accusé de négligence caractérisée") soulignant les nombreux bugs et failles dans le logiciel de contrôle de téléchargement Orange : accès aux ip des clients, mots de passes négligemment laissés "admin/admin", etc. Sic.
Comment Apple évince-t-il Google du marché publicitaire sur iPhone?
Or Google a lancé son propre système d'exploitation (Android) et son smartphone (Nexus One), ce qui l'exclut du ciblage publicitaire au moins sur iPhone, voire sur iPod et iPad.
Quelques mois seulement après le rachat, approuvé par la FTC (ndrl : commission fédérale du commerce américaine), du leader de la publicité sur téléphonie mobile (AdMod) par Google, ce dernier s'insurge.
Alors que le tiers des publicités diffusées par AdMod le sont sur iPhone, la future régie mobile d'Apple iAd n'a plus à s'inquiéter de son positionnement sur le marché publicitaire sur mobile, au moins pour 2010.
Toutefois, il semblerait que les autorités américaines de la concurrence auraient l’intention d’enquêter afin de déterminer si Apple limite abusivement l’accès de ses concurrents Google et Microsoft à ce marché.
Source : Google évincé par Apple du marché publicitaire sur iPhone, JDN, rédaction, 10 juin 2010 + Apple vers une enquête des autorités de concurrence? in-business.fr, 11 juin 2010 + Apple likely to avoid antitrust battles, Financial Times, 10 juin 2010
Voir aussi : une autre actualité étonnante pour Apple et quelques avancées sur le marché de "l'auto-publication" : Apple lance en effet son service de publication sur l'iBookstore parallèlement à la sortie de l'iPad, permettant aux auteurs indépendants de publier leurs oeuvres. Barnes&Noble (service Pubit!) et Amazon (Digital Text Platform) se lancent également sur ce marché du livre numérique pour les auteurs non publiés.
vendredi 11 juin 2010
Avenir incertain pour Second Life
Créé en 2003 et après un pic de popularité en 2007, Second Life n'a cessé de décliner.
- Fondé sur un modèle économique original, il s'agit d'un jeu gratuit avec possibilité d'achat d'espaces personnalisables dans le monde virtuel, forte dimension de commerce de biens virtuels et abonnements payants proposant divers avantages au joueur. L'effet de curiosité (et de mode...) semble avoir vécu.
- Linden Lab souhaite organiser le passage de l'installation du logiciel ad hoc pour pouvoir se connecter au développement d'un accès basé sur un navigateur
- Face à l'émergence des réseaux sociaux, l'entreprise souhaite aussi développer l'intégration de son service avec Facebook, notamment, afin d'atteindre un plus large public.
Il reste que Second Life a, comme ce réseau social, connu certains scandales qui ont pu nuire à son image, comme des représentations de relations sexuelles virtuelles avec des "avatars" mineurs.
Allié aux problématiques actuellement rencontrées par Facebook, il n'est pas certain que le jeu gagne véritablement au change, à long terme, en se greffant sur son succès.
En outre, il semble peu cohérent d'imaginer le développement d'un monde virtuel reposant sur des avatars sur un réseau dont la particularité est en principe le recours à de véritables identités et données personnelles. Sauf, peut-être, pour les publicitaires.
Source : L'éditeur de Second Life licencie un tiers de ses effectifs, LeMonde.fr, 10 juin 2010
Google Street View : après l'Allemagne et l'Australie, le Connecticut
Le 9 juin 2010, le procureur général de l'Etat de Connecticut se lance, après l'Allemagne et l'Australie, dans une enquête sur les données collectées pour le service Street View.
Dans quelle mesure, finalement, Google savait qu'un brevet permettant d’intercepter et d'analyser des données et leur moment de transmission avec précision, puis ainsi de collecter des informations sur les utilisateurs, pour les fournir ensuite, notamment, à des publicitaires ?
Source : Collecte de données : vers des poursuites contre Google, ZdNet.fr, 10 juin 2010 + La chasse ouverte à Google Street View se poursuit au Connecticut, Elise Pinsson, silicon.fr, 9 juin 2010
Publication d'une étude comparative des algorithmes des moteurs de recherche Google et Bing
Olivier Duffez, sur webrankinfo, a traduit cette étude et la commente brièvement.
En bref, retenons que Google est certes plus efficace concernant la corrélation des principaux critères connus du référencement naturel et du positionnement, mais que Bing présente certaines particularités intéressantes.
Surtout, Olivier Duffez signale qu'il n'estime pas nécessaire de créer deux pages optimisées sur son site dans la mesure où ces moteurs de recherche sont suffisamment semblables. En revanche, il rappelle l'importance des backlinks pour un référencement optimal.
Source : Comparaison des algorithmes de Bing et Google, webrankinfo.com, Olivier Duffez 10 juin 2010
Voir aussi : Comment réussir un netlinking efficace en 2010? Olivier Duffez, 30 juillet 2009