jeudi 24 juin 2010

Pour une réflexion sur les certificateurs des contenus web

"L’internaute commence à réellement appréhender le web, à savoir où chercher de l’information mais il n’a pas les cartes pour la certifier, pour la vérifier, notamment dans le cadre d’avis sur des produits ou des services.
Dans son étude, Forrester nous dresse un panel d’utilisateurs. Il manque un profil : celui du certificateur, celui qui va avoir la crédibilité pour dire « oui, cette information est vraie, non celle là elle est fausse ». Cette dynamique commence à percer dans le domaine de l’information au sens actualité, mais rien ne vient du côté des avis publiques sur des produits ou des services
" Antoine Dupin (voir sources de ce billet)


Comme annoncé précédemment, les problématiques de neutralité des résultats de moteurs de recherche, et mieux encore de tri entre informations crédibles et biaisées sur le web, constituent des enjeux majeurs.

Antoine Dupin synthétise brillamment ces enjeux dans un billet récent, se demandant dans quelle mesure une certification des sources peut être mise en place, à l'heure où les résultats de Google sont de moins en moins réellement pertinents et où le référencement des sites est un véritable enjeu commercial et financier (voire social, s'agissant de réputation numérique : les plaintes relatives à des affaires de diffamation sur Internet explosent).
En conclusion, ce blogueur s'interroge : "L’information est faussée, et le sera de plus en plus. La faute à ce flou autour de l’origine de la source. Faut il réinventer les moteurs de recherche ? Faut il qu’un groupe s’auto proclame ou se crée certificateur ? Personnellement, je n’ai pas de solution, (...). Perdus dans la jungle, arriverez vous à retrouver votre chemin ? (...)"

Ce questionnement est particulièrement d'actualité cette semaine. Alors que le principe de neutralité du net (ou net neutralité) concernait jusqu'à présent le rôle sensé être joué par les opérateurs de télécommunications sur le réseau, ce principe peut opportunément s'étendre aux moteurs de recherches.
Brad Smith, directeur juridique chez Microsoft, aurait ainsi déclaré que "la véritable menace dans le contrôle des contenus n'est pas du côté d'hypothétiques fournisseurs d'accès orwelliens, c'est la recherche", qui est le lieu le moins concurrentiel... et en particulier lorsque le moteur de recherche fournit également du contenu.
Or Google, qui contrôle environ 85% du secteur, possède par exemple YouTube, plate-forme vidéo, et s'apprête à lancer un service d'actualités payant. Pourquoi ne favoriserait-il pas YouTube et non DailyMotion dans les résultats proposés?

Inversement, certains estiment que la neutralité des résultats de recherche n'a pas de sens dans la mesure où le moteur de recherche est supposé recommander les sites les plus à même de répondre à une requête donnée.
Il n'en reste pas moins que couplée à la problématique de la distinction entre informations fiables et biaisées, elle conserve tout son sens. Certes, les sites les plus pertinents apparaissent de manière non aléatoire... mais comment est définie cette "pertinence"?

Il est enfin connu que les moteurs de recherche filtrent déjà de nombreux résultats, que les sites ne soient pas assez fluides, qu'ils soient manifestement illicites ou retirés à la demande de tiers, par exemple, sans compter certaines zones géographiques restreintes (Chine, par exemple).

La CNIL s'est vue doter d'un pouvoir de certification des sites, mais il ne concerne que le respect de la législation informatique et libertés.
Qui, selon vous, pourrait endosser ce rôle de certificateur?

Sources : Microsoft s'inquiète de la fin de la neutralité des moteurs de recherche, Julien L., Numerama, 19 juin 2010 + Avenir du web : de la nécessité d'établir une nouvelle caste, Le blog d'Antoine Dupin, 20 juin 2010

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